Noël… sous le soleil de Tunisie
Cette année, pas de sapin ou de dinde pour le réveillon, ni même de neige et tant de soleil !! Michaël, moi et nos familles respectives avons fêté la fin d’année sous d’autres cieux : récit d’une belle aventure en famille sous les étoiles du désert Tunisien.
Le 22 décembre, on s’active dans notre appartement Parisien : Michaël et moi, fin prêts, ou presque, à s’envoler pour la Tunisie !! Grâce à nos parents, nous avons la chance de partir fêter Noël en Tunisie : Tozeur, Douz, Djerba et bien sur le désert, laissez-vous transporter dans un ailleurs de rêve et d’aventure…
Tozeur
Cette aventure commence à 2 : Michaël et moi décollons de paris à midi le 22, mais les autres acteurs ne vont pas tarder à faire leur apparition. Après un voyage sans problème et plein de promesses, survolant la mer puis le Sahara, nous nous posons à Tozeur, sud de la Tunisie, 1e escale de notre périple. C’est là qu’apparait Mohammed, notre guide passionné d’ornythologie, et qui nous accompagnera tout au long du voyage. Arrivée sur le tarmac de Tozeur, il fait 20°, plein soleil… Dans le 4×4 qui nous conduit à l’hôtel, on déguste la douceur de vivre.
A l’hotel Sarra, nous sommes accueillis avec toute la gentillesse des Tunisiens. Après avoir rempli l’inévitable fiche d’arrivée, nous découvrons en même temps que notre chambre une vue imprenable sur la ville et sa célèbre palmeraie. Malheureusement, la nuit tombe tôt, et nous laisse trop peu de temps pour tout découvrir. Nous délaissons donc la palmeraie (ce sera pour une autre fois) et décidons de visiter le centre de la ville, dans le but entre autres de trouver un cheich pour Michaël. Cheich qu’on trouvera, en même temps qu’on re-découvrira les gentilles négociations pour acheter dans un souk.
Le soir tombe, on rentre manger à l’hotel, bientôt rejoints autour d’une bière par l’ensemble des acteurs de ce voyage : Philippe, Evelyne, Martine, Paolo, Marie et Olivia. Deux familles prêtes à repartir dès le lendemain matin pour un horizon sans limites… et une aventure inoubliable.
Partir pour le désert
7 h du matin, Tozeur, 2 4×4 nous attendent sur le parking de l’hotel. Nous embarquons pour le désert, mais allons d’abord faire escale dans certains lieux mythiques… pour les fans de Georges Lucas ! Voyager en 4×4 en Tunisie, c’est d’abord une route de villes en villages, puis une piste qui s’enfonce dans le désert, puis enfin, il n’y a plus de piste du tout, et la voiture s’aventure entre les dunes. Premières émotions, premières montées et descentes d’une dune à l’autre. On s’arrête sur un premier site de tournage de Star Wars, où des éléments de décor émergent du paysage. Il y a quelque-chose d’étrange de se promener là , à chercher dans quelle scène du film on marche, quel héros on incarne… On s’arrête aussi dans les oasis de montagne de Chebika, Taberza et Midès. Véritables gorges peuplées de trésors, des trous s’enfonçant dans le désert offrent un refuge de rêve aux palmiers, ruisseaux, cascades et grenouilles.
Après une journée de voyage en 4×4, inutile de vous décrire l’impatience qui règne dans les voitures de gagner le désert et de se dégourdir les jambes ! Equipés de portables -car oui, il y a du réseau en plein milieu du sable- nos chauffeurs ont rendez-vous avec les chameliers sur le lieu du bivouac… Oui mais en fait, ça ne se passe pas comme ça, et notre 1er soir dans le désert est assez mouvementé ! Les deux groupes ne se retrouvent pas, et à la nuit tombée, nos 4×4 continuent de rouler entre les dunes, à la lumière des phares. Toute personne pourrait croire qu’il est facile de se retrouver dans le désert : allumer un feu et s’apercevoir de loin. Mais ce n’est pas le cas ! On finit par se rejoindre au milieu de nulle part, autour d’un couscous qui mijote sur un délicieux feu et sous un milliard d’étoiles.
Noël sous les étoiles
On aurait pu s’imaginer, Tunisie oblige, un Noël sous un doux climat, et mes copines m’enviaient pour ça… Mais en fait de chaleur, on a découvert qu’il faisait vraiment froid dans le désert !! La soirée de notre arrivée fut irréelle : autour d’un feu de bois, à manger le couscous assis sur les matelas, entourés de chameaux blatérant, et sans un bruit à la ronde. Arriver la nuit dans le désert nous a permis de découvrir ce silence extraordinaire, comme la plénitude d’étoiles qui existent, quand rien ne nous empêche plus de les voir. Nous dormons sous une tente bédouine, ouverte sur un grand coté. On avait prévu les sacs de couchage d’hiver, mais là , une bonne partie d’entre nous gèle quand même !! Le lever est difficile, et précoce pour certains, qui marchent pour se réchauffer un peu. Mais le déjeuner de galette et huile d’olive, thé à la menthe ravive nos enthousiasmes, et nous sommes vite prêts à partir. Oui mais voilà , Nuredine a égaré un de ses chameaux… ou plutôt, un de ses chameaux s’est égaré. Nous partons donc sans lui, avec Mohammed et Mabrouk, un peu inquiets pour Nuredine tout de même ! Beaucoup moins inquiet que nous, celui-ci nous répondra que son chameau reviendra sans aucun doute bientôt, Inch Allah, et qu’il a le coeur plus grand que ça (Et si on cessait de se faire du mauvais sang pour rien, nous autres européens ?). C’est finalement un de ses amis qui l’appellera le lendemain : il a retrouvé le chameau à Douz.
Pendant ce temps, nous découvrons l’émerveillement constant du désert, à pied. De dune en dune, sous la couleur du sable doré, nous ôtons au fur à mesure de la journée nos polaires, vestes, pulls, et finissons la marche en T-shirt. Les chameaux de Mabrouk nous ouvrent la piste dans le désert, et nous suivons leur pas nonchalant “toujours tout droit”.
Ce soir, c’est Noël, et quoi de plus inimaginable que de le fêter au champagne dans le désert, sous les étoiles, avec Nuredine, Mabrouk et Mohammed, à chanter nos chansons préférées respectives ? C’est pourtant ce qui arrive, et c’est en partageant coca, couscous, biscuits tunisiens et chocolats alsaciens que nous prenons conscience de nos ressemblances. De nos chansons aux leurs, de nos vies aux leurs, de nos émotions respectives, finalement, “c’est toujours la même histoire”…
Re-venir
C’est difficile à croire, mais il y a toujours un retour. Le dernier jour de marche nous amène aux portes du désert, aux portes de Douz. Et aussi bizarre que ça puisse paraître, c’est déchirant de re-venir à la civilisation, aux hommes, aux maisons, aux limites quotidiennes de nos vies. Avoir vécu, ne serait-ce qu’une journée dans le désert, sans aucune limite ni d’espace ni de temps donne le sentiment d’y avoir toujours vécu. Et le quitter, c’est comme s’arracher à notre patrie d’origine… Le blues du départ, en pire.
Le Festival de Douz
Pour autant, le voyage n’est pas fini, et après une journée de réadaptation (heureusement, il reste le couscous qu’on prend beaucoup de bonheur à déguster à la cuillère), on découvre Douz et son festival de la Vie Saharienne. C’aurait pu être un spectacle pour touristes, mais c’est tout autre chose qu’on a la chance de découvrir. Le festival commence à 14h, mais dès 13h, les rues de la petite ville sont noires de gens, à pied où surchargeant les essieux des pick-ups Isuzu. Nous nous pressons vers le lieu de spectacle, en l’occurrence, et littéralement, une porte ouvrant sur le désert. Des tentes bédouines en face des gradins blancs abritent nombre de tribus, Touaregs, Bédouins, Berbères et tant d’autres. On aperçoit chameaux, chevaux, et chiens Sloughi. Tout l’après-midi, entourés d’une population très peu touristique, on admire les courses de chameaux, les acrobaties des cavaliers, la beauté des harnachements et des danses traditionnelles.
Djerba la maginifique
Le voyage s’achève sur l’île de Djerba, que nous atteignons en bac, derrière d’imposantes cargaisons de carottes. Dès la nuit tombée, Michaël et moi partons nous promener dans le souk, que nous avons la chance de découvrir calme, loin des perturbations de la journée. Les marchands nous laissent ou discutent sans agressivité, on est biens. Notre escale à Djerba nous mènera du souk aux bijoux, tapis, à la vente de poissons à la huée. Chacun repartira avec son service à couscous, en se promettant de perpétrer le délice du couscous local.
C’est le coeur lourd que l’avion décolle de Djerba, et nous emporte, Michaël et moi, à 7h du matin le lendemain. Plus que la fin d’un voyage, j’ai le sentiment de quitter une patrie, que je n’avais pas vue depuis le Wadi Rum Jordanien. Comment supporter les parisiens qui remplissent l’avion du récit bruyant de leurs séjours, le froid de l’arrivée, toutes ces limites qui nous rattrapent ? Je me sens citoyenne du désert, d’un paysage sans limite, où je redeviens naturelle et vers lequel je n’aurai cesse de regarder.